COP 21 - L’Accord de Paris a été adopté par l’ensemble des parties (12 décembre 2015) [es]

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« Je ne vois pas d’objection dans la salle, je déclare l’accord de Paris pour le climat adopté. » C’est par ces mots, samedi 12 décembre, que Laurent Fabius a mis un terme aux négociations acharnées qui ont eu cours, du 30 novembre au 12 décembre 2015, au Bourget.

Pour en savoir plus sur l’accord : COP21. Plus de détails sur l’accord.

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Présentation du texte de l’Accord par Laurent Fabius, Président de la COP 21

Texte complet

Extraits

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Nous sommes en effet parvenus, et c’est ma conviction profonde, à un projet d’accord ambitieux et équilibré qui reflète les positions des parties. [...] Ce texte, qui est nécessairement un texte équilibré, contient les principales avancées dont beaucoup d’entre nous pensaient qu’elles seraient peut-être impossibles à obtenir. Le projet d’accord proposé est différencié, juste, durable, dynamique, équilibré, et juridiquement contraignant. Il est fidèle au mandat de Durban. Il reconnait la notion de « justice climatique », et il tient compte, sur chaque sujet, des responsabilités différenciées des pays, de leurs capacités respectives à la lumière des circonstances nationales. Il confirme notre objectif central, vital même, de contenir l’augmentation de la température moyenne bien en-deçà de 2 degrés et de s’efforcer de limiter cette augmentation à 1,5 degrés, ce qui permettrait de réduire significativement les risques et les impacts liés au changement climatique. Il fixe un objectif à long terme ambitieux mais nécessaire. Il fait de la réduction des émissions de gaz à effet de serre l’affaire de tous, grâce à la soumission ou à l’actualisation, tous les cinq ans, de contributions nationales, qui dans ce cas ne pourront être que plus ambitieuses. Il réserve une place accrue à l’adaptation aux effets du dérèglement climatique. Il reconnaît la nécessaire coopération sur les pertes et dommages, de manière permanente et prééminente. Il prévoit les moyens nécessaires pour permettre l’accès de tous au développement durable, en mobilisant les moyens adéquats de mise en œuvre – et par ailleurs le projet de décision de notre conférence prévoit que les 100 milliards de dollars par an prévus pour 2020 devront être un plancher pour l’après-2020 et qu’un nouvel objectif chiffré devra être défini au plus tard d’ici 2025. Ce texte est de nature à renforcer la confiance mutuelle entre les parties, grâce à un cadre de transparence renforcé é, adapté en fonction des capacités de chacun et se fondant sur les dispositifs actuels. Il prévoit tous les cinq ans un bilan collectif de nos progrès, qui nous permette de réagir collectivement si nos efforts paraissent insuffisants au regard des objectifs fixés. S’il est adopté, ce texte sera donc un tournant historique. Et plus généralement cette COP 21 est un véritable tournant, aussi bien pour les actions non gouvernementales – celles des collectivités locales, des entreprises, des organisations multiples – que pour la mise en place d’un accord juridique universel.

Au cours de nos discussions nombreuses, chaque partie a fait valoir ses propositions et ses lignes rouges, c’est légitime, et nous les avons respectées. Certes, chaque pays n’obtient sans doute pas tout ce qu’il souhaitait. Mais reconnaissons qu’avec 196 parties, nous savions dès le début que si chacun avait exigé la satisfaction de 100 % de ses demandes, notre collectivité aurait abouti en réalité à 0 %. Comme l’une d’entre vous nous l’a justement rappelé au cours de nos travaux, il s’agit de montrer au monde que notre effort collectif vaut plus que la somme de nos actions individuelles.

Tous ici nous pensons que le temps est venu de nous concentrer, non pas sur les lignes rouges, mais sur les lignes vertes d’un compromis universel. La question pour chacun de nous n’est donc plus seulement : « comment faire prévaloir mes positions ? ». Mais : « puis-je espérer mieux que l’équilibre général qui m’est proposé ? ». Et la réponse, c’est ma conviction et j’espère que vous la partagerez, est clairement que ce texte, celui que nous avons bâti ensemble, le nôtre donc, constitue le meilleur équilibre possible, un équilibre à la fois puissant et délicat qui permettra à chaque délégation, à chaque groupe de pays, de rentrer chez soi la tête haute et avec des acquis importants.

Et je veux ajouter que, comme président de la COP, je m’engage à tenir compte des difficultés que certains d’entre nous pourraient avoir une fois notre accord adopté, et organiser le cas échéant, au cours de ma présidence, des consultations destinées à y apporter rapidement une réponse.

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Retrouvez l’interview de Laurent Fabius dans le JDD (13 décembre 2015).

Dernière modification : 20/01/2016

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