Cérémonie de commémoration du 11 novembre 2016 [es]

Le vendredi 11 novembre dernier, l’Ambassadeur de France en Argentine, Pierre Henri GUIGNARD, a présidé la cérémonie de commémoration de l’armistice de la première guerre mondiale, organisée par l’Union Française des Anciens Combattants (UFAC) dans ses locaux de Buenos Aires.

JPEGL’Ambassadeur, Pierre Henri GUIGNARD, déposant une gerbe aux monuments aux morts de l’UFAC.

En présence de représentants de la communauté diplomatique, en particulier des Ambassadeurs de Belgique et d’Australie et du Président de l’UFAC, M. Serge Leteur, l’Ambassadeur de France en Argentine a salué la paix et la mémoire des combattants français et de diverses origines tombés pendant la Première Guerre Mondiale. Plusieurs gerbes ont été déposées en leur honneur : à Plaza Francia, en plein centre de la ville de Buenos Aires, à l’ancien « Hospital Francés » ainsi que dans les locaux de l’Union Française des Anciens Combattants. Une délégation du Régiment de Granaderos argentins ainsi que la Garde Ecossaise de Buenos Aires ont aussi participé à cette cérémonie du souvenir.

La cérémonie, émouvante et solennelle, fut ponctuée de lecture de lettres de Poilus français et allemands d’élèves du collège et du lycée franco-argentins Martinez et Jean Mermoz.

JPEGLecture des Lettres de Poilus par un élève de Jean Mermoz.

L’armistice, signée le 11 novembre 1918 dans un train de la clairière de Rethondes (forêt de Compiègne), marque la fin de la Première Guerre Mondiale (1914-1918), guerre sanglante qui fit plus de 18,6 millions de morts, de blessés et d’invalides. Cette année, nous commémorons plus particulièrement le centenaire des batailles de Verdun et de la Somme, les plus meurtrières du conflit, qui ont fait respectivement 700 000 et 1,2 millions de victimes, détruit des villages entiers (comme Beaumont, Bezonvaux, Cumières ou Ornes) et profondément marqué les mémoires collectives.

Extrait de Lettres de Poilus

Ma bien-aimée,

Je t’aime. Je suis à toi

pour éternellement, ton Henri.

[…]Songe que nous marchons dès avant l’aube,que nous marchons des jours entiers sans savoir où nous allons, que nous attendions dans des cours de ferme des heures et des heures sans savoir pourquoi, songe à toute la patience, à toute la religion qu’il nous faut pour résister à ce chagrin d’avoir perdu ce que l’on aime. Songe que nous serons peut-être bientôt couchés dans des tranchées dans l’eau et le froid et la boue, sous le feu. Il ne faut rien nous dire, il ne faut rien penser qui nous enlève un peu de foi et nous coupe les jambes. C’est de toi que j’attends toute ma force, toute ma vertu, toute mon audace, tout mon mépris de la mort.
Henri

Dimanche 14 février 1915

Cher ami

Quand nous sommes arrivés par ici au mois de novembre, cette plaine était alors magnifique avec ses champs à perte de vue, pleins de betteraves, parsemées de riches fermes et jalonnés de meules de blé. Maintenant c’est le pays de la mort, tous ces champs sont bouleversés, piétinés, les fermes sont brûlées ou en ruines et une autre végétation est née : ce sont les petits monticules surmontés d’une croix ou simplement d’une bouteille renversée dans laquelle on a placé les papiers de celui qui dort là. Que de fois la mort me frôle de son aile quand je galope le long des fossés ou des chemins creux pour éviter leur « shrapnels » ou le tac-tac de leurs mitrailleuses. La nuit, j’ai couché longtemps dans un tombeau neuf, puis on a changé de cantonnement et je suis maintenant dans un trou que j’ai creusé après un talus. J’emporte ma couverture perdue à ma selle, ma marmite de l’autre côté et en route. J’étais l’autre jour dans les tranchées (des Joyeux). Je n’ai jamais rien vu de si horrible. Ils avaient étayé leurs tranchées avec des morts recouverts de terre, mais, avec la pluie ,la terre s’éboule et tu vois sortir une main ou un pied, noirs et gonflés. Il y avait même deux grandes bottes qui sortaient de la tranchée, la pointe en l’air, juste à hauteur, comme des porte-manteaux. Et les « joyeux » y suspendaient leurs musettes, et on rigole de se servir d’un cadavre boche comme porte-manteau. (Authentique.) Je ne te raconte que des choses que je vois, autrement je ne le croirais pas moi-même. […] Je compte que tu m’enverras des nouvelles de là-bas et je te quitte en t’envoyant une formidable poignée de main.
TAUPIAC

Dernière modification : 25/11/2016

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