L’apport français à la peinture argentine

Toutes les illustrations proviennent du livre 
"Monumenta iconográfica", Emece, 1985

A la différence d´autres colonies hispano-américaines, la vice-royauté du Rio de la Plata n´avait pas de tradition culturelle solide. En peinture, l’arrivée d’artistes européens à partir du XIXème siècle constitua un événement décisif. Après l’indépendance, la peinture qui jusqu’alors avait été profondément marquée par la religion, commença à incorporer de nouveaux thèmes, comme le portrait et la peinture de mœurs.

Pirámide catedral matadero
Recovieja et pyramide
aquarelle, 1839
Cathédrale de Buenos Aires
aquarelle, 1829
Les abattoirs
aquarelle, 1829

Pour la première fois, un regard non espagnol commença à se poser sur Buenos Aires et beaucoup d’étrangers produisirent des travaux iconographiques ou artistiques de grande valeur. Parmi tous ces « dessinateurs voyageurs », on compte un nombre important d´artistes français. Ils racontèrent les paysages et les coutumes de la société « du Rio de la Plata ».

L’ingénieur français Charles Henri Pellegrini s´installa en Argentine en 1828. Rivadavia l´avait engagé pour participer à la construction du port de Buenos Aires. Mais les aléas de la politique firent échouer ce projet et Pellegrini commença à vivre de la peinture. Il fit le portrait de membres influents de la société de l’époque. Dans un ensemble impressionnant de peintures et lithographies, Pellegrini, particulièrement attiré par les thèmes urbains, fit une description détaillée de la société de Buenos Aires à l’époque de Rosas.

fiestas tertulia
En route pour le combat de coq
lithografie coloriée, 1841
Salon de Buenos Aires
aquarelle, 1831

Le peintre franco-suisse César Hypolite Bacle allait connaître la célébrité avec son ouvrage intitulé « Costumes et coutumes de la province de Buenos Aires » imprimé entre 1833 et 1835. Plusieurs années imprimeur et lithographe de la province de Buenos Aires, il fit appel à d´autres artistes, comme Hypolite Moulin, Jules Daufresne, Jean François Guerrin et Alphonse Femepin.

Peintre et marin, le capitaine de vaisseau Adolphe D’Hastrel, venu à bord de la flotte commandée par l´amiral Leblanc en 1839 à la suite du conflit entre la confédération argentine et la France, fit plusieurs aquarelles des ports de Buenos Aires, Montevideo et Rosario et, avec son collègue Jean-Baptiste Henri Durand Braguer, des îles du Rio de la Plata.

isla vista
L´île Martín García
aquarelle de D´Astrel, 1839
Vue de Buenos Aires
aquarelle de Durand Braguer, 1841

Élève de Guerin et condisciple de Delacroix, Raimond Quinsac Monvoisin, l´un des peintres les plus importants venu en Amérique du sud au XIXème siècle, s´arrêta plusieurs mois à Buenos Aires avant de reprendre son voyage pour le Chili ; il y passa quelques semaines fructueuses, comme en témoignent des oeuvres comme « Le gaucho fédéral », « La porteña au temple » et « Le soldat de Rosas ».

gaucho porteña soldado
Le gaucho fédéral
peinture à l´huile
La porteña au temple
peinture à l´huile
Soldat de Rosas
peinture à l´huile

Les années qui suivirent la chute de Rosas furent marquées par un renouveau des arts. Plusieurs artistes français dont B. Marcel, F. Artigue et E. Lahore s´installèrent à Buenos Aires d´abord comme portraitistes, puis comme photographes.

La contribution de Jean-Louis Pallière est tout à fait remarquable. Élève d´Edouard Picot, Pallière vécut en Argentine de 1855 à 1866. Au cours de ses déplacements en province, il saisit de nombreuses scènes du campo.

pulperia carretas entrando
Pulpería
aquarelle, 1858
Convoi de chariots
aquarelle, 1858
Chariot aux portes de la ville
peinture à l´huile, 1860

Vers la fin du XIXème siècle, l´influence de la France passa des rives du Rio de la Plata aux bords de la Seine, Paris devenant le centre artistique incontournable pour des artistes comme Marco del Pont, Sivori et Villanueva.

A leur retour, ils introduisirent les tendances d´avant-garde. Ainsi Martin Malharro fit connaître l’impressionnisme de Monet, Sisley et Pisarro dès 1902.